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Conversion.

Source: Luc 15,10


Vous êtes des monstres.
À chaque fois que vous maltraitez un homme, à chaque fois que vous l'humiliez par la bestialité de vos comportements alors vous descendez vous-même plus bas que là où vous l'avez jeté.
Et puisque vous avez fait de cet homme une bête alors vous serez des monstres.
Et moi, je suis possédé par la lumière et cette lumière dévoile l'horreur de vos ténèbres. Elle ne les pénètre pas, elle les montre. Un monde factice où la mort est la loi. Vous êtes des monstres. Et même si vous m'avilissez, si vous détruisez ma dignité, si vous faites de moi un être faible, sale et puant, vous ne réussirez qu'à m'embraser d'humilité.

Car moi, dès le sein de ma mère, j'ai conçu l'espérance puis, cheminant dans l'enfance, j'ai goûté au verbe de Dieu. Non pas celui qui enflamme les buissons d'un feu vierge de cendre, mais plutôt celui qui du pointeau des Écritures ouvre un chemin à travers l'âme.

Plus haut encore, j'ai vu, de mes yeux vu, l'ange des pleurs se désagréger en fines gouttelettes au-dessus de votre monde. Il semblait, en vous regardant, comme saisi de suffocation et sa stupéfaction envahissait l'éther infini; pluie de sel et d'esprit.
Vous avez créé trop de douleur et vous vous réjouissez de trop de perversité. Vous vous nourrissez de trop de méchanceté ici bas.
Votre esprit n'est que ténèbres.

Statue de sel figée dans la lumière du dernier jour, j'ai regardé le soufre tomber du ciel, transformant vos souffles de vie en effluve de feu et réduisant en poussière vos infamies. Puis j'ai vu la lumière se retirer de chacune des faces de l'abîme et bien que cela m'ait terrorisé, l'espérance me fut laissée intacte, car l'ange des pleurs est sans orage et ses larmes sont pure miséricorde.

Parce que je suis tenu debout face à l'abîme qui menaçait, parce que j'ai accepté librement de vous combattre alors que j'étais le plus faible, l'espérance m'a forgé une arme nouvelle, bien plus puissante qu'elle-même: elle a fait de moi un adorateur du Très-Haut, permettant ainsi à mon âme de se laisser inonder par sa source, car l'adoration appelle le Très-Haut par son nom, un nom vierge de toute syllabe.

C'est pourquoi, alors que mon âme était inondée de miséricorde, j'ai pu sans défaillir regarder votre abîme envahir le monde. J'ai vu, en un éclair, des hommes devenir saints malgré l'ombre qui les blessait et j'ai lu sur leurs lèvres la prière qu'ils adressaient au Très-Haut. Ils priaient pour leurs bourreaux, et pour que leurs souffrances ne soient pas inutiles, suppliaient Dieu que celui-ci soit sauvé. Seigneur: mon sang ne criera pas vers toi. Ne me venge pas, mais sauve mon frère, cet assassin.
Et maintenant la destruction fait rage. Silencieuse et invisible, elle détruit la base du monde et s'attaque à la source de nos forces. Seule la lumière montre les forces en présence et ce n'est pas en votre faveur. Vous mesurez votre puissance à l'aune de vos destructions, mais vous irez au néant, car la souffrance de ceux que vous détruisez enfante le monde qui vient et plus vous détruirez, plus la vie sera forte, car plus on lui aura sacrifiée et plus des larmes bénies l'auront sanctifiée.

Ô vous, que la détresse remplit d'espérance. Vous qui rêvez du Christ dans le secret de vos âmes: c'est au cœur de votre désolation que le Très-Haut déploiera sa force. C'est là qu'il plantera son drapeau. C'est ici qu'il suscitera son royaume. Et c'est enfin là que le père consolera son enfant. Il soufflera sur toi pour assécher tes larmes. Il mettra du soleil dans ta lumière. Il tracera pour toi un chemin et il t'accompagnera à chaque pas. Tu ne seras plus jamais seul: tu lui parleras et il ouvrira tes oreilles pour que tu entendes les anges chanter son Nom et toi, tu feras chœur avec eux. Alors tu entendras le Christ murmurer ton propre nom afin qu'il s'inscrive à jamais dans sa lumière et tu sauras que celui qui marche à tes côtés a pour nom «Vérité».

Voici revenu le temps des tribulations et de l'affadissement du sel, mais sur la croix du Christ, là où les bois se croisent, s'il y a deux cœurs qui battent, c'est que l'un d'eux est le tien.